OCR World Championships : les Olympiques des courses à obstacles?


Dans notre grande famille des courses à obstacles (cào), peu d’entre nous peuvent affirmer avoir fait partie de l’Équipe Olympique Canadienne, comme c’est le cas de nos comparses Marco Bédard et Claude Godbout. Qu’en est-il alors des Championnats Mondiaux de Courses à Obstacles? Ceux-ci sont-ils comparables aux Jeux Olympiques et peuvent-ils être décrits comme étant les « Olympiques des courses à obstacles »? Si je me fie à l’ambiance qui régnait à l’édition 2017 des OCRWC (Obstacle Course Racing World Championships) qui se déroulaient à Blue Mountain en Ontario du 13 au 15 octobre dernier, on peut presque dire que oui! J’y ai participé et voici un long récit de ce séjour absolument grandiose et épanouissant.

ocrwc

Un long chemin…

Pour prendre part aux OCRWC, il faut d’abord s’être qualifié, suivant certains critères mis en place pour chaque série de cào. Heureusement, j’avais réussi à me qualifier deux fois dans ma catégorie d’âge cette saison; une fois lors d’une Spartan Race ainsi qu’une autre fois à la Dead End Race.

Cette année encore, les OCRWC avaient lieux à Blue Mountain en Ontario, un site enchanteur identique à celui de Mont Tremblant. Et pour cause, puisque les deux endroits sont détenus par les mêmes propriétaires, d’où le grand nombre de similitudes entre eux.
C’est un endroit vraiment superbe, mais il faut compter près d’une dizaine d’heures de voiture pour s’y rendre en partant de Québec. C’est un long chemin, mais qui se fait relativement bien, surtout en bonne compagnie. Heureusement, j’étais accompagné de ma conjointe Bianca Turcotte, de mon ami et collègue 3-Seconds/Team 300 Stéphane Carbonneau ainsi que d’une nouvelle amie, Sindy Chantal.

Universalité du sport

Plusieurs trucs sont tout à fait fantastiques lorsqu’on décide de prendre part à des jeux mondiaux, et ce, peu importe la discipline. Mais s’il y a une chose qui frappe immédiatement notre esprit lorsqu’on se retrouve dans un tel évènement, c’est de rapidement constater à quel point le sport transcende les frontières. C’est un peu comme la musique : le sport possède un langage universel qui unifie les athlètes entre eux de façon presque magique.

C’était tout à fait surréel et envoutant d’être entouré des milliers d’athlètes OCR des 67 pays représentés et de ressentir cette confrérie qui nous unis tous dans cette discipline. Suédois, Finlandais, Allemands, Portoricains, Américains, Canadiens, Africains, bref, tous se souriaient, s’encourageaient et échangeaient même quelques mots, en baragouinant un anglais souvent approximatif, mais plus que compréhensible.

ocr world championship

Village mouvementé

Le village de Blue Mountain est superbe, même malgré la température mi-maussade que nous avait réservée la grande gestionnaire de la nature. Malgré celle-ci, le centre nerveux du village regorgeait de milliers de spectateurs, d’athlètes, de médias et d’obstacles spectaculaires.
On pouvait entre autres y voir une version modifiée de la Gaffe du Draveur de Northman Race, le « Quarter Pipe » de MudHero , les Floating Walls d’Indian Mud Run ainsi que le Slip Wall géant donnant accès à la ligne d’arrivée. Bref, beaucoup de trucs impressionnants pour tenir les spectateurs divertis.

village OCRWC

Ajoutons à tout ça l’action en continue des compétiteurs que l’on pouvait voir évoluer sur les obstacles ainsi qu’à flanc de la montagne et vous aviez là, une succulente recette pour obtenir une ambiance hautement intense!

Courses et obstacles

Les OCRWC offraient la possibilité de participer à plusieurs types de courses différentes : individuelles de 3 km et 15 km, à relais en équipe de 3 (Team Relay) et la Make-A-Wish. De mon côté, j’ai seulement pris part aux courses individuelle de 3 km et Team Relay, faute de budget pour également prendre part à la course de 15 km.

Chacune des vagues de départ se faisait sur un speech de motivation de nul autre que le très célèbre Dwayne « Coach Pain » Montgomery, un point très fort des OCRWC. Coach Pain n’est pas un gars ordinaire : c’est une personne profonde qui sait placer les athlètes dans une zone psychologique très forte, le tout en réussissant à le faire sans pratiquement répéter deux fois les mêmes paroles. Chacune de ses paroles était puissante, songée, spontanée, en plus d’être personnalisée selon ce qui se présentait à lui à chaque vague de départ. Je dois avouer qu’à plusieurs moments, j’en ai eu un le mottons dans la gorge tellement c’était intense!

Il va de soi que qui dit Championnats Mondiaux d’OCR, dit également « des obstacles, en voulez-vous, en voilà! ». Que ce soit pour l’une ou l’autre des courses offertes, chacun des parcours était parsemé d’une myriade de défis à surmonter. Et laissez-moi vous dire que c’était grandement excitant et satisfaisant d’y rencontrer des obstacles encore jamais vus, du moins, pour la majorité des coureurs.

Je pense ici aux Floating Walls, Stairway to Heaven et au Skull Valley qui exigeaient une très bonne force de préhension. D’ailleurs, plusieurs de ceux-ci se situaient dans la section plus « technique » du parcours principal, les uns alignés derrière les autres, ou presque. Cela offrait un challenge très exigeant pour les avant-bras, surtout si nous devions recommencer un de ceux-ci plusieurs fois avant de le réussir ou d’abdiquer et rendre notre bracelet.

Et il fallait absolument voir et/ou vivre les conditions de terrain impitoyables que nous devions affronter pour les transports de charges. À un certain point du weekend, c’était devenu tellement dangereux, que les organisateurs n’ont eu d’autres choix que de déplacer certaines portions du parcours et même carrément les fermer. Pour la prise d’images, c’était merveilleux de voir les gens essayer de grimper la montagne flanqués d’un Wreck Bag de 50 livres. Et encore plus hallucinant de voir ceux-ci en redescendre, assis sur celui-ci, un peu à la manière d’une luge! Ça vous donne une petite idée…

lindsay Webster

Magnifique, mais pas parfait

J’ai vraiment adoré mon expérience aux OCR World Championships, autant comme athlète qu’en simple spectateur lorsque je ne courrais pas. On parle ici d’une expérience ultime et unique, qui devrait être vécue au moins une fois dans la vie de chaque personne passionnée par la course à obstacles..

Mais comme pour toutes choses, rien n’est jamais parfait à 100%. L’organisation a beau offrir une expérience inoubliable, il reste que certaines lacunes auraient pu êtres corrigées. D’abord, une chose très irritante est survenue à quelques occasions durant le weekend, chose qui s’avère être presque inacceptable d’un évènement d’ordre quasi Olympique.

Je fais référence ici au fait qu’en quelques occasions, des participants (dont moi) n’ont pu obtenir leurs médailles à la ligne d’arrivée. Une fois parce que celles-ci n’étaient pas encore arrivées sur le site et l’autre, en raison d’un haut taux de défectuosité de certaines médailles! Vous avez peut-être vu que celles-ci possédaient une feuille d’érable pivotante à leur centre hein? Ben imaginez-vous que celles-ci finissaient par tomber si on s’amusait à les faire tourner!

medal ocrwc

À cause de ça, les organisateurs ont décidé de ne pas remettre ces médailles et de les retourner à leur fournisseur afin de faire reprendre le boulot.

Résultat : Les athlètes sont repartis bredouille en se faisant dire que leurs médailles allaient leur êtres expédiées plus tard. Au moment d’écrire ces lignes, l’organisation m’a confirmé que de nouvelles médailles seraient prêtes sous peu et livrées aux gens dans les deux premières semaines de novembre. Enfin!

Honnêtement, c’est tout de même un peu ordinaire. Il aurait peut-être fallu s’assurer de la qualité des médailles et ce, bien avant que l’évènement n’ait lieu. Je m’imaginais dans la peau d’une personne partie d’Allemagne pour participer aux OCRWC, pour en repartir les mains vides… Ça a beau sembler banal, mais je crois que ça ne fait pas très sérieux ni très professionnel pour un évènement de cette ampleur. Du moins, dans la perception qu’en auront les athlètes.

ocrwc team

L’autre chose que j’ai trouvée moyenne, c’est l’inutilisation des projecteurs pour éclairer le terrain lorsque la noirceur s’est installée dans la course de 15 km. Aussi tard en saison, surtout lorsque la température est maussade, il fait sombre très tôt et le parcours peut devenir soudainement un peu plus dangereux.

D’accord, les gens devaient avoir une lampe frontale en leur possession. Mais lampe ou non, tenter de s’élancer sur des rigs détrempés en y voyant presque rien, ben moi je trouve ça plutôt moche. Surtout que dans la section plus technique, qui se trouvait tout près du village, on aurait pu utiliser ces projecteurs pour permettre aux spectateurs de mieux voir évoluer les athlètes.

Malgré tout ça et le fait que Dame Nature n’ait pas été très clémente, les OCR World Championships ont été un énorme succès et j’ai été très heureux de m’y présenter. Si ces jeux se présentent de nouveaux, je vous incite fortement à vous y présenter. Je crois sincèrement que cela s’inscrira facilement dans vos plus forts moments comme athlète d’OCR!

Un article de : Marc Desgagnés

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