Mordre dans la vie et surmonter la peur! par Josiane Hélie


D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré courir. Dès que j’ai su marcher, mes pieds ont cherché à aller plus vite. Alors je courrais, croyant que ça m’apportait un sentiment de liberté. Puis un jour, un ami qui avait déjà pris part à quelques courses à obstacles m’a suggéré d’essayer ça. Ma réponse spontanée a été : es-tu fou toi? Je ne serai jamais capable!

Il a insisté, et même si j’étais, qu’on se le dise, terrorisée, ma curiosité était piquée et j’avais envie d’aller voir de quoi il s’agissait. J’ai donc recherché une course pas trop exigeante, qui m’éviterait d’être confrontée à des défis de trop grandes envergures. Pas trop de hauteurs… j’ai un vertige insurmontable!

obstacle

J’ai finalement opté pour le Bootcamp Mission Jungle de Granby, juin 2016.
Dès que le coup d’envoi de notre départ fut donné, mon cœur était conquis. Jamais je n’oublierai le premier obstacle : deux bassins de boues jonchés de boutons glissants qu’il fallait atteindre en sautant. J’ai réussi, sans me salir! Déjà, je me sentais indestructible. Mes jambes me portaient comme si j’avais le poids d’une plume, volant d’un obstacle à l’autre, le sourire me divisant le visage. J’étais impressionnée par ma propre force, par mon agilité, ma rapidité. Je me souviendrai toujours de ce sentiment qui m’habitait alors que je bondissais légèrement comme un lièvre entre les arbres. Je me répétais : c’est le meilleur sentiment au monde, c’est le plus beau jour de ma vie!

Peut-être trouvez-vous cela un peu extrême, mais pour moi, je venais de découvrir la vraie liberté. Je franchissais tous les obstacles, le cœur léger, avec aisance et en riant. Puis je suis arrivé à celui que je redoutais. Un HAUT mur de cordes à traverser… Ma peur des hauteurs revenait me hanter. Je me suis dit ‘’ tu es venue jusqu’ici, tu n’as pas le choix!’’
Alors j’ai commencé mon ascension, choisissant minutieusement où placer mes pieds, où m’agripper. Je me disais ‘’concentre-toi juste sur tes prises, ne regarde pas autour.’’
Puis je suis arrivée au sommet, jouquée comme une poule sur un mur, et paralysée. Je ne pouvais plus bouger. Le temps s’est figé pendant quelques instants, puis j’ai fait passer ma jambe gauche de l’autre côté. Et je suis descendue, aussi agile que Spiderman. Mon cœur battait à tout rompre. Je venais de vaincre une de mes plus grandes peurs. Le sentiment de fierté qui se répandit alors dans mes veines à cet instant…c’était là! Je venais de comprendre l’expression ‘’avoir la piqûre’’. Je suis tombée follement amoureuse de cette sensation de liberté, de fierté, de dépassement, d’invincibilité.

bootcamp race

Et puis soudainement, j’étais arrivée au dernier obstacle, le ‘’half-pipe’’. J’ai foncé et sauté exactement au bon moment. J’étais sidérée par ce que j’étais capable d’accomplir. Puis, je me suis retrouvée suspendue par le bout des doigts, quelques jeunes bénévoles au sommet m’encourageant avec tout leur cœur. Toutefois, j’étais à bout de force, je n’arrivais plus à me soulever. Et dans l’espace d’une microseconde, sans que je dise quoi que ce soit, des bras puissants me saisissaient et me hissaient au sommet aussi facilement qu’une poupée de chiffon. On aurait dit qu’il y avait un lien fort et invisible entre tous les gens qui prenaient part à l’évènement. On se comprenait, on se ressentait. Pas besoin de parler. C’était hallucinant. Il ne m’en fallait pas plus pour être complètement convaincue. Je venais de trouver ma passion, mon essence, une raison de me lever chaque matin. Pour devenir plus forte, pour vaincre mes peurs, pour être libre.

Cette journée n’a pas seulement changé ma vie, mais aussi ma façon de voir la vie.
Avancer, coûte que coûte, peu importe la peur. Continuer d’avancer, surmonter chaque obstacle en se concentrant uniquement sur l’endroit où poser les pieds.

obstacle boue

J’ai envie de te dire que tu ne sauras pas de quoi tu es capable tant que tu n’essaieras pas. Et sans t’en rendre compte, quand tu relèveras la tête, tu seras sur la ligne d’arrivée, fier de ce que tu auras accompli, de ce que tu seras devenu. Tu regarderas en arrière et tu n’en reviendras pas de voir ce que tu as traversé. Parce que regarder trop loin devant t’empêcheras d’avancer, fais juste te concentrer sur où tu mets les pieds, un pas à la fois. Et quand tu croiras que tu n’es plus capable, que tu seras à bout de souffle, il y aura toute une équipe que tu ne soupçonnais même pas qui sera là pour te tendre la main, pour t’aider à atteindre le sommet, sans que tu aies besoin de le demander. Et c’est valable partout, dans les courses, ou dans la vie! Vas-y fonce!

Une chronique de Josiane Hélie
Correction et révision par Éric Julien

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